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De l’intérêt des haies pour…les fourmis

La haie fait les paysages ; elle les structure. On ne compte plus ses multiples bienfaits. Elle freine le ruissellement de l’eau, favorise l’étalement de celle-ci, “brise” le vent, structure et enrichit les sols. Elle est aussi un refuge et une ressource nourricière pour bon nombre d’espèces, vertébrées comme invertébrées. Elle est une interface lisière, rassemblant à la fois sa propre biodiversité et celles des environnements qui la jouxtent, parcelles agricoles par exemple. Ainsi, la biodiversité associée aux haies est souvent plus élevée que celle observée dans les écosystèmes adjacents plus homogènes. 

Peu d’études ont porté sur le rôle des haies sur les fourmis. Pourtant, ce taxon revêt une grande importance dans les agroécosystèmes, notamment en tant que prédateurs et régulateurs d’autres espèces. La présence omniprésente des fourmis dans les écosystèmes et leurs nombreuses interactions biologiques avec le reste de leurs écosystèmes en font ainsi des espèces dites « clés de voûte ». 

L’université de Montpellier a conduit une telle étude, publiée en ce début d’année 2026 sur le Web Ecology. Ce travail a consisté à étudier les effets à la fois de la distance par rapport aux haies et de leur gestion sur les communautés de fourmis. Les fourmis ont été échantillonnées dans le département de l’Allier, où la présence de haies est encore importante (bocage) à l’aide de 300 pièges entonnoirs installés à cinq distances différentes de 20 haies différentes, classées comme arbustives ou arborées.  

Cette étude montre un impact clair de la proximité des haies sur les communautés de fourmis, autant du point de vue taxonomique (espèces) que fonctionnel. La composition des communautés de fourmis à proximité des haies est distincte de celles situées plus loin, entraînant une diversité fonctionnelle plus élevée près des haies. L’étude révèle également une différence entre les haies arbustives, composées essentiellement d’arbustes et les haies arborées (arbustes et arbres), ces dernières présentant une plus grande richesse spécifique et une plus grande dispersion fonctionnelle. Des haies oui mais avec des arbres, c’est encore mieux !

Voici donc encore une preuve scientifique de l’intérêt d’avoir, dans les paysages agricoles, des haies diversifiées. Il est bien dommage qu’on en arrache encore autant ! En France, la proportion de haies supprimées est encore plus importante que celle de haies nouvellement plantées.

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